samedi 15 octobre 2016

Engagement dans la relation ou liberté d'action ?



Aujourd'hui une petite mise au point concernant un sujet auquel nombre de relations D/s naissantes peuvent être confrontées.
Mon attention a été attirée au gré de ma navigation sur le net par le cas de figure suivant :
Une soumise ayant débuté une relation avec un Dominant avait dans le même temps un autre Dominant avec qui elle pratiquait de temps à autre...
Elle partait du principe que ni le premier ni le second Dominant ne lui avait remis de collier et qu'elle n'était donc pas engagée ni avec l'un ni avec l'autre...
Elle se "soumettait" alors à l'un et à l'autre selon les circonstances et selon ses envies.



Je vais vous exposer ma vision des choses, qui bien sûr n'est que MA vision... Mais je la partage au moins avec moi-même...

Par principe, au sein du couple D/s chacun agit selon ce qui a été convenu. Ainsi s'il est laissé la possibilité d'avoir un autre Dominant cela ne regarde que les personnes concernées et grand bien leur fasse !
Encore faut-il que cela soit convenu et accepté.

En revanche, une soumise ne peut avoir qu'un(e) seul(e) Maître(sse) (ou couple de Maître/Maîtresse qui devient alors une entité Dominante).
Elle porte alors le collier qui lui a été remis comme symbole de l'engagement et de confiance réciproque.
Par sa nature ce lien ne peut être engagé qu'avec une seule personne Dominante car celle-ci devient l'unique détentrice du pouvoir remis par la soumise.
L'exercice de ce pouvoir est alors réservé au Maître et ne peut être partagé ou transmis à une tierce personne que par le Maître lui-même.
Nous sommes alors ici dans le cadre d'une relation D/s construite et destinée à évoluer.
Nous ne sommes plus dans le cadre d'une relation occasionnelle où la personne "soumise" ne s'engage pas.

Là où le bât blesse, c'est lorsque cela se fait sans qu'un des protagonistes soit au courant.
On pourrait d'ailleurs poser le cas du Dominant qui aurait une autre soumise sans qu'aucune des deux ne connaisse l'existence de l'autre.
De par son statut le Dominant pourrait bien sûr cacher l'existence d'une autre soumise à sa première, mais au delà du "manque de classe" (et là c'est un parti pris) c'est surtout un réel manque de confiance en sa soumise et en soi qui se révélerait.
Mais je m'éloigne du sujet...

La question est donc : le fait de ne pas porter un collier et de ne pas avoir fait d'un Dominant son Maître permet-il de conserver une totale liberté dans sa "soumission" ?
Je vais être très clair : Une soumise qui espérerait devenir mienne et qui entretiendrait une relation D/s avec une autre personne en même temps, qui plus est en me le cachant, prendrait immédiatement la porte !
Je me remettrai également clairement en cause moi-même, car je prends un soin extrême avant d'entamer une relation. Les relations qui m'intéressent sont des relations suivies. Je pratique du bdsm, pas du libertinage (et pourtant je n'ai rien contre ce dernier).
Mais j'aurai alors clairement fait une erreur de casting ou je n'aurai pas été capable de communiquer correctement avec cette soumise.



Nous rencontrons aujourd'hui selon moi deux types de "soumises". Les premières sont dans une démarche visant à l'établissement d'une relation D/s, elle sont à "conquérir" et deviendront la fierté de leur Maître à n'en point douter.
Elles souhaitent établir une relation de complicité, de confiance, de service et trouver aux pieds de leur Maître leur épanouissement et leur accomplissement. Ce n'est pas un jeu pour elles. Elles sont soumises dans l'âme et prêtes à donner sans compter...
Ces soumises retiennent toute mon attention et mon respect de Dominant envers leur démarche.

L'autre catégorie est la pseudo-soumise ou pire la "souminatrice", qui voit dans la relation D/s un jeu par lequel elle va pouvoir découvrir et prendre du plaisir. Leur principale recherche est le plaisir, le leur !
Ainsi elles ne se sentiront pas engagées avec qui que ce soit tant qu'elles n'auront pas trouvé "le bon" (si tenté même qu'elles le recherchent). Il n'est pas question pour elles d'avoir la patience d'attendre que la relation se développe. Elles aiment courir plusieurs lièvres à la fois mais ne restent jamais dans une relation suivie très longtemps.
C'est ce que j'appelle "les coups d'un soir" que je range dans la catégorie libertines en mode bdsm...
Je peux paraître un peu dur avec ces dernières, mais posez-vous la question : Pensez-vous que le bdsm soit un monde de bisounours ?
La relation se fait souvent dans la douleur et les larmes, dans le sacrifice, dans le dépassement de soi.
Comment donner foi à une personne qui ne peut pas s'engager même sur du court terme ?
Comment avoir envie de poursuivre la construction d'une relation dans laquelle je m'engage si la personne avec qui je construis ne s'engage pas elle-même ?
C'est ici une des différences entre la pratique du bdsm et celle du libertinage à mon sens.
L'un et l'autre sont très respectable mais ne poursuivent pas le même but.
A l'heure de la consommation "kleenex" et du superficiel profondément gravé dans notre société, j'aime à croire que la relation D/s nous rapproche d'une authenticité, d'une vérité humaine à notre portée même si les sacrifices pour l'obtenir ne sont pas accessibles à tous.



jeudi 18 août 2016

Au sujet de la punition...

Faut-il punir ?




Il y a quelques temps une discussion avec une soumise que j'ai la joie de Dominer ponctuellement m'a amené à m'interroger sur la pratique de la punition.
En fait sa question relevait de mon sentiment vis-à-vis de "l'auto-punition" et elle souhaitait savoir si je l'envisageait pour elle ou si cela n'entrait pas dans mes pratiques.
Pour pouvoir lui répondre, je lui ai expliqué ma perception de la punition et pourquoi je la pratique.

Avant de parler de la punition en elle-même, il faut définir la cause, ce qui peut motiver le fait que je prenne la décision de punir.
Pour cela, je distingue deux choses que je ne "traite" pas de la même façon : l'erreur et la faute.
L'erreur est à mes yeux involontaire, elle survient soit par inexpérience de la soumise, soit par carence de ma part (en n'étant pas assez clair dans mes directives par exemple).
Elle est souvent difficilement évitable et peut facilement devenir une leçon positive pour la soumise comme pour le Maître. "On apprend de ses erreurs..."
Je ne punis pas l'erreur car ce serait alors incohérent voir injuste. En revanche je ne manque pas d'expliquer comment éviter cette erreur à l'avenir.
La faute, elle, va bien au delà de l'erreur. Elle peut être évitée. Une erreur qui se reproduit devient à mes yeux une faute.
Je distingue là aussi plusieurs type de fautes. Cela va d'une erreur non corrigée qui se répète, d'un oubli d'une consigne stricte, jusqu'à une désobéissance volontaire ou involontaire.
Il faut bien sûr percevoir la faute au cas par cas et il n'y a pas de généralité à tirer de cela. Il peut aussi y avoir des circonstances qui expliquent pourquoi la faute a été commise ou plutôt pourquoi elle n'a pas été évitée.
Mais soyons clair ! Si une erreur donne lieu à une leçon ou mise au point, la faute, même involontaire (oubli d'une consigne par exemple), nécessite à mes yeux une punition.

Beaucoup voient dans la punition une humiliation qui renvoi parfois à des clichés de notre enfance. On est mis au coin, les mains sur la tête, on a des lignes de copie  faire ou on reçoit une fessée...
Dans le cadre du bdsm, même si le côté "électro-choc" de la punition qui humilie est réel, cela ne peut se résumer à cet aspect.
Mais avant de punir il faut que la faute soit parfaitement établie et comprise comme telle par la soumise. Il n'y a rien de pire que d'être puni pour un motif qu'on ne comprend pas.
Il pourrait en résulter un sentiment d'injustice qui ébranlerait petit à petit la confiance qu'accorde la soumise à son Maître. A ses yeux, son Maître ne peut être injuste !
Une fois la faute comprise par la soumise, il est important qu'elle comprenne également que cette faute nécessite une punition et qu'elle accepte cette idée.
Le punition doit alors être à la mesure de la faute commise, jamais disproportionnée dans un sens comme dans l'autre.



Mais pourquoi diable une soumise accepterai une punition ???
Lorsque j'aborde le sujet avec une soumise, je lui explique qu'une punition n'est pas un jeu et n'est pas anodin. C'est un acte qui prend sa place dans une situation de "crise" plus ou moins importante.
Il ne s'agit pas ici de plaisir, ni du sien, ni du mien. Car si la soumise a commis une faute, j'ai alors aussi ma part de responsabilité.
Cette responsabilité est de n'avoir pas su guider ma soumise pour qu'elle ne commette pas cette faute, cela peut être une faille dans son éducation,cela peut être une chose que je n'ai pas su percevoir.
Certes, c'est bien elle qui est fautive, mais quelque part c'est aussi un aveu de mes propres failles...
Par la punition, la soumise va pouvoir demander pardon à son Maître, lui montrer qu'elle reconnaît qu'elle a commis une faute, qu'elle comprend cela. La punition va alors avoir à la fois un aspect expiatoire mais aussi un moyen de réaffirmer qu'elle souhaite toujours être soumise.
Par la punition, le Maître va permettre à la soumise d'expier, il va lui faire comprendre qu'il accepte ses excuses et qu'en quelque sorte il remet les compteurs à zéro.
Il va ainsi lui transmettre le message suivant : je te renouvelle ma confiance et je te veux toujours comme soumise et cette punition est le prix à payer pour cela.
Loin d'être une rupture la punition permet de continuer à communiquer, de maintenir le lien qui unit la Maître et sa soumise.
Et c'est justement pour cela qu'une punition ne peut être décidée que par le Maître.

C'est donc pour cela que j'ai indiqué à la soumise qui me posait la question que je n'étais pas d'accord avec l'auto-punition.
Seul le Maître peut accorder le pardon. Seul le Maître peut dire à la soumise qu'elle peut continuer à l'être.
Il m'est arrivé de punir une soumise pour le compte d'un autre Dominateur, soit parce qu'il ne pouvait pas être présent, soit parce que cela faisait partie de la punition qu'il voulait. Je n'étais alors que le prolongement de la volonté de ce Dominateur sur sa soumise.
Seul lui pouvait réellement accorder le pardon.

Dernier point qui me semble important : Si la punition doit être à la mesure de la faute commise, elle ne doit pas être donnée sous l'emprise d'une émotion. Jamais je n'inflige une punition sous le coup de la colère. Punir implique avant tout un contrôle total de ses émotions.
De même une punition ne doit pas être reportée à une date trop lointaine car elle perdrait petit à petit de son sens. Donc je la donne ni sur le moment ni trop tard.
Mais je la donne toujours si je l'ai dit !

Dans la pratique avec ma soumise, une punition est systématiquement reportée dans un carnet qui reste en possession de ma soumise. La date est indiquée ainsi que le motif et la punition elle-même.
Ainsi il reste un témoignage que ma soumise peut consulter de temps à autre si elle éprouve le besoin d'un "recadrage". Elle en tire un effet bénéfique, lui rappelant sa condition et sa place et lui permettant de se rappeler à l'ordre par elle-même.
Les punitions que je lui inflige ne sont pas uniquement physique, la dimension psychologique est aussi présente, en fonction de la gravité de la faute. Mais encore une fois elle n'est jamais disproportionnée par rapport à la faute elle-même.


Sir John





mardi 9 août 2016

De l'étiquette et des codes de comportement entre "vanilles" et "kinsters"...

On parle beaucoup de "code" ou "d'étiquette" dans certains "milieux BDSM" croisés ça et là sur le net.
Certains y tiennent, d'autres y sont complètement étranger(e)s.
Avant de vouloir appliquer cela ou d'y être complètement hermétique, il conviendrait d'expliquer de quoi il s'agit au juste.
Aussi je vous livre MA vision de cela, sachant que chacun au sein de son couple a ses propres règles...




Tout d'abord cette fameuse étiquette n'existe que dans le cadre de rencontres et soirées afin que les personnes adoptent un code de comportement dans lequel elles se reconnaissent.
C'est l'idée d'appartenir à une communauté et de partager les mêmes valeurs.
Cette étiquette est appliquée ou non au sein du couple D/s avec toutes les variantes qui lui sont propres mais n'aura jamais la priorité sur ce qui est défini par la personne Dominante et la personne soumise.
Donc nous utilisons certains termes, adoptons certaines attitudes ENTRE PERSONNES PRATIQUANTS.

Il me parait inutile, voir ridicule pour une personne ne pratiquant pas de mettre en pratique cette étiquette puisque ne faisant pas partie de cette communauté.
En revanche cela n'exclue pas les règles élémentaires de politesse en usage dans notre société.
Le fait de vouvoyer une personne ne signifie en rien qu'on reconnait cette personne comme Dominante, c'est juste une marque de politesse et de respect envers n'importe quelle personne qu'on ne connait pas.
Personnellement je vouvoie tout le monde, Dominante comme soumise, kinky comme vanille.

Les termes de Monsieur ou Madame sont, il est vrai, en général utilisés par une personne soumise pour s'adresser à une personne Dominante de façon générale.
Les termes de Maître ou de Maîtresse sont le titre que donne une personne soumise à SA/SON Dominant(e), cela implique un lien, un engagement entre les deux personnes et ne s'applique pas à une autre personne que celle-ci.

Si vous venez sur un site traitant de BDSM en tant que "vanille", je ne vois pas pourquoi vous devriez vous plier à cette étiquette sauf si cela fait partie des règles en aplication dans le site et que vous approuvez en vous y inscrivant.
Mais si ce n'est pas le cas, pourquoi ne pas être tout simplement vous-même ?
Je pense même qu'une personne vanille qui mettrait en pratique cette étiquette risque même de créer des confusions et risquerait d'être prise pour une personne qui pratique ou une personne impolie.

Si vous venez sur le site en tant que Dominant(e) ou soumis(e), dans ce cas il me semble que si vous revendiquez votre appartenance à notre "communauté", il faut l'assumer et agir comme effectivement un membre de cette communauté en utilisant les formes et comportements appropriées.
Mais cela ne signifie pas non plus que des Dominant(e)s aient le droit de manquer de respect et de politesse à des soumis(es), tout comme des soumis(es) ne manqueront pas de respect et de politesse à des Dominant(e)s. Mais n'est-ce pas la base du savoir-vivre ?

J'ajoute un petit complément plus particulièrement à l'intention des soumises et des soumis. N'y voyez en rien une réflexion désobligeante de ma part et encore moins un manque de respect, c'est tout le contraire.

Savez-vous pourquoi j'apprécie que vous utilisiez les termes de Monsieur ou de Madame envers les personnes Dominantes, que vous vouvoyiez les personnes à qui vous vous adressez et que vous mettiez les formes à vos écrits ?
Ce n'est pas pour flatter mon ego de Dominant ni pour vous rappeler quelle est votre place... C'est tout simplement parce que vous donnez alors une belle image de l'éducation que vous avez reçue de votre Maître ou de votre Maîtresse.
C'est parce que vous donnez alors à la fois une belle image de vous et une belle image de votre Dominant(e).
Je trouverai dommage d'avoir entrepris ce chemin, cet engagement, et de ne pas y faire honneur.
Car il n'est rien de plus admirable que de voir une personne ayant adopté la voie de la soumission la suivre avec cette force qui la caractérise et renouvelle ainsi au quotidien le don de soi qu'elle a fait à celui ou celle qu'elle a choisie.

L'image du Dominant est celle que le/la soumis(e) donne à travers lui/elle-même.
S.J.



samedi 6 août 2016

Manifeste du 20 juillet 2014.

Aujourd'hui un article un peu particulier...
Il s'agit du manifeste qui a été réalisé en juillet 2014 par un certain nombre de pratiquants (Dom comme soum) au sein de l'Anneau de Justine pour tenter d'expliquer la démarche du bdms et réclamer la reconnaissance de cette démarche.

En introduction, je vous livre la présentation qu'en fait Maître George, fondateur de la Communauté du Triskel / l'Anneau de Justine. J'ai l'honneur d'avoir fait partie de l'équipe qui a travaillé sur ce manifeste et d'avoir pu y apporter ma modeste contribution.




Chers amis, bonjour,
Je vous prie de trouver ci-dessous un document auquel je vous demande de prêter une attention toute particulière.
Il s’agit du Manifeste des passionnés de relations de domination/soumission qui demande la reconnaissance de nos pratiques comme étant respectables.
Ce Manifeste n’entend pas embrasser toute l’étendue de nos relations, mais simplement établir le plus petit dénominateur commun qui permette de mettre en évidence la spécificité de ces relations.
Il ne s’agit absolument pas d’une tentative de règlementation de nos pratiques, mais bien de rompre une fois pour toute avec la ribambelle de simulateurs qui parasitent notre monde et qui nous ont tissé la réputation désastreuse qui pèse sur nous tous depuis toujours.
Ces simulateurs n’ont rien à voir avec nous. Ils ne sont en fait pas du tout intéressés par nos relations si complexes. Ils n’affichent qu’un intérêt feint pour ces relations afin d’obtenir des relations sexuelles, et dans ce but, ils sont prêts à tout (et à n’importe quoi).
Il nous fallait un document de référence, diffusé le plus largement possible. Ainsi, une débutante qui aurait lu ce texte, pourrait facilement constater qu’elle est en présence d’un simulateur, et s’écarter de son chemin.
C’est dans cette optique que plusieurs personnes de grande expérience, présentes sur notre site, ont travaillé ensemble depuis plusieurs mois. Une vingtaine de versions successives ont été corrigées et amendées. Chaque mot a fait l’objet de discussions avant de parvenir au texte ci-dessous.
Nous ne demandons pas que chaque personne qui approuve ce texte le signe de son nom d’état civil. Comme tous les autres manifestes, il sera signé de ceux qui n’ont pas de problème particulier à le faire, ou de ceux qui, comme les écrivains, les commerçants, et plus généralement les professionnels de notre monde, ont déjà livré leurs noms au public. Les autres peuvent le signer de leurs pseudonymes, ou de leur adresse mail.
Il n’en demeure pas moins essentiel que CHACUN d’ENTRE VOUS fasse circuler ce texte auprès de toutes ses connaissances.
Je vous en remercie à l’avance.
Maître George



MANIFESTE



À tous ceux et celles qui connaissent la plénitude de vivre une relation de Domination / soumission.
À tous ceux et celles qui ont rencontré leur Évidence et désirent en attester.
À tous ceux et celles qui se découvrent attirés en eux-mêmes, hésitent, craignent et questionnent.
À tous ceux et celles qui ignorent, mais font preuve d’une tolérante curiosité et de respect à l’égard des choix de vie d’autrui.

Nous, signataires de ce manifeste, désirons porter au grand jour la réalité des relations que nous vivons, mettre à bas la réputation calomnieuse de nos pratiques et être considérés tels que nous sommes : des personnes responsables et respectueuses d’autrui en toutes situations.

Nous vivons dans le bonheur de relations hiérarchiques, érotiques, entre adultes consentants, exemptes de tout clivage sexiste. Ces relations nous permettent l’expression d’une partie importante de nous-mêmes. C’est ainsi que nous vivons en harmonie dans le respect des choix de chacun d’entre nous.

Ce mode de relation porte des noms divers : Domination/soumission, relation D/s, BDSM, Sado-Maso, SM, etc. Ces intitulés ne nous conviennent pas. La semi-clandestinité dans laquelle nous sommes tenus, depuis fort longtemps, contre notre gré, n’a pas permis, à ce jour, un consensus collégial autour d’un terme plus conforme à la réalité de nos relations et de nos pratiques.
Il s’agit de la sublimation, théâtralisée ou non, du don de soi du soumis ou de la soumise, accepté par le dominant ou la dominante qui en assume la responsabilité. C’est autour de cette célébration du don de soi de la personne soumise et de l’exercice de cette responsabilité de la personne dominante que nous désirons être reconnus.

Ce sont des relations construites et librement choisies par chacun en pleine conscience. Elles font l’objet d’accords préalables clairement exprimés et limités. Une fois le consentement mutuel formulé, elles nécessitent une grande bienveillance et un respect partagé. En cela, elles rompent clairement avec les notions de prédation, de manipulation unilatérale et d’exploitation par la force ou par la ruse.

Ces relations sont ponctuelles ou durables. Phallocratie ou féminisme exacerbé ne sont pas de mise puisque les positions hiérarchiques des femmes comme des hommes sont librement choisies par chacun en fonction de sa nature profonde : dominant ou dominante, soumis ou soumise. Ces tendances de nos personnalités qui s’expriment avec plus ou moins d’intensité, pour tout le monde, dans la vie sociale, familiale, professionnelle. Pour nous, elles se révèlent comme une Évidence que nous transcendons librement dans la profondeur de nos relations intimes et qui se traduisent par de nombreuses pratiques, sources de sensations et de partages.

Il est vrai que nos relations font aujourd’hui le sujet de best-sellers mondiaux. Depuis la nuit des temps, nos modes de relations hiérarchiques inspirent les artistes, les philosophes. Nos relations sont représentées dans le monde de l’art, par les professionnels du marketing, de l’industrie de la communication, les grands couturiers ou les designers. Toutes ces images et ces évocations sont diffusées dans la société civile. Nous devons nous réjouir de tout ce qui permet de nous découvrir. Toutes ces œuvres et ces images passées, présentes ou à venir en font partie et grâce à elles, celles et ceux qui nous ont rejoints sont nombreux.
Néanmoins, à ce jour, rien de tout cela n’a permis de mieux nous définir ni de poser les bases de ce qui nous rassemble.
Sans prétention de répondre à toutes les facettes de notre mouvance, c’est la détermination d’apporter notre part à ce nécessaire rassemblement qui nous anime.

Comme les marins expérimentés, qui connaissent et préviennent des dangers de la mer, il est de notre devoir, de faire part de notre vécu, de notre vision, et d’être les garants de toute déviance.
Pour cela, nous rassembler et communiquer entre nous est déterminant pour préserver les victimes de la violence des prédateurs et manipulateurs, de l’isolement et de ses conséquences.

Adultes responsables et raisonnés, nous refusons toute manipulation ou acte qui pourrait mettre en péril l’intégrité physique et mentale de toute personne.
Nous refusons toute violence, puisque, aussi poussées que soient les pratiques, pour certains, elles ont pour impératif de transcender la notion de douleur en sensations de plaisir. Pour d’autres, nombreuses sont les pratiques totalement indolores.

Les pratiques qui caractérisent nos relations sont extrêmement variées.
Elles sont parfois élevées au rang d’expression artistique.
Néanmoins, nos relations ne peuvent en aucun cas être réduites aux caractéristiques de l’une de ces pratiques. En réalité, elles ne sont que l’expression du désir spécifique librement consenti de chacun.
C’est cette approche qui nous prévient de la vulgarité tout en écartant les tabous. Elle exalte notre esprit, enflamme nos désirs et fait chanter l’âme humaine de notre nature animale.
Nous refusons, avec la plus grande énergie, de servir de bouc émissaire à tous ceux qui, par ignorance ou honte de leurs propres pratiques sexuelles, nous assimilent à la pornographie, au proxénétisme, à la violence faite aux femmes, mais aussi aux hommes.
Nous sommes fiers de vivre notre moi profond et demandons à être respectés, par égard au bonheur partagé que vivent la plupart d’entre nous.
Nous voulons vivre nos choix relationnels en bénéficiant des effets de la loi contre les discriminations, les injures et diffamations de toutes sortes visant les orientations sexuelles et les mœurs différentes.

Nous souhaitons pouvoir nous associer librement, sans dissimuler qui nous sommes ni ce que nous souhaitons faire ensemble, au même titre que les homosexuels et transsexuels. (LGBT)
Nous souhaitons nous réunir sans nous cacher, pouvoir accueillir, sans prosélytisme, mais avec sincérité, ceux qui s’interrogent, qui veulent nous rejoindre sans peur de la vindicte.
Nous souhaitons que ce manifeste soit le porte-parole de ce qui nous rassemble, témoin de nos choix responsables, respectueux et respectables.

Signer ce manifeste ne signifie nullement que vous êtes pratiquant, mais que vous reconnaissez notre droit à vivre librement nos relations humaines, saines, sûres et consensuelles, garantes du bonheur de celles et ceux qui les vivent.
Notre volonté est que votre signature, notre signature, soit une adhésion, un message permettant à des centaines, peut-être des milliers de personnes de se réaliser en toute sécurité avec sérénité et fierté de vivre un accomplissement personnel des plus harmonieux.


Pour plus d'informations, je vous invite à vous rendre sur le site de l'Anneau de Justine : http://www.anneaudejustine.com/


vendredi 5 août 2016

le SM est-il sado-masochiste ?




De nombreux sujets de discussion fleurissent sur le net et lors de soirées ou de munchs où des grands "pontes" du bdsm distillent la Vérité vraie sur le fait ou non d'inclure des pratiques sm dans une relation D/s.
Dans l'absolue, je serai tenté de dire : Qu'est-ce que ça peut bien faire ? Personne ne me dira ce que nous aimons ma soumise et moi pratiquer ni comment le pratiquer.
Toutefois je me suis un peu penché sur le sujet et je vous livre ici MA vision des choses.

De mon temps on ne parlait pas de "bdsm" on disait "sm" ou "initiés" (oui je sais, je ne paraît pas mon âge...) et on ne se posait peut-être pas autant de questions sur le bien-fondé ou non de nos pratiques.
Nous ne nous reconnaissions même pas en tant que communauté et les associations n'en étaient qu'à leurs balbutiements en France. On pratiquait dans des lieux privés où un hôte nous recevait de façon confidentielle et ponctuelle.


Alors qu'en est-il aujourd'hui avec le masochisme et la sadisme ?

Tout d'abord, si on regarde les définitions de ces deux mots on s'aperçoit qu'ils ont pour origine tous les deux deux personnage historiques.

Le Marquis Donatien Alphonse François de Sade d'une part;


Et l'historien et un écrivain Leopold von Sacher-Masoch d'autre part.



Et bien dans ces deux cas ni l'un ni l'autre n'ont souhaité avoir leur nom associé à une pratique et n'ont même pas utilisé à leur compte ces termes.
les auteurs de Justine et de la Venus à la fourure se sont ainsi vu dépossédés de leur nom par le milieu psychiatrique et un classement des troubles (DSM ou Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) en raison de scènes et de tendances comportementales et sexuelles de personnages de leurs romans.

Très longtemps les comportements "paraphiliques" posaient un problème d'identification et de classification et il faut attendre les années 1980 et 1990 pour aboutir à une classification prenant en compte des troubles étudiés et faisant la distinction avec des comportements et des troubles identitaires.


Que faut il en retenir dans la pratique ?

Le principe d'un trouble psychique résulte du fait que le plaisir ne peut être obtenu par d'autre moyen que celui d'une pratique spécifique.
Or le sadisme (plaisir d'origine sexuel obtenu par le fait d'infliger une souffrance physique et/ou psychologique à autrui) et le masochisme (plaisir d'origine sexuel obtenu par le fait de ressentir une souffrance physique et/ou psychologique) implique dans la définition de la classification des troubles psychiques un négation et une destruction de l'autre, voir de soi-même.
Ainsi le sadique prendra plaisir dans la souffrance qu'il inflige indépendamment de la personne qui reçoit cette souffrance et de son consentement. Le masochiste recherchera la souffrance dans un but de destruction de sa personne et indépendamment de la personne qui lui procure cela, que ce soit lui ou une tierce personne.


Et dans le bdsm ?

Dans nos pratique BDSM nous sommes justement à l'opposé de cela. D'une part les pratiques se font par consentement mutuel, les deux personnes pouvant à tout moment arrêter la pratique. Les partenaires veillent particulièrement à ne pas dépasser des limites convenue et ce, quelle que soit leurs plaisirs respectifs.
D'autre part le but de la relation D/s n'est pas la destruction d'un individu mais au contraire sa réalisation, voir sa construction dans certains domaines.
C'est pourquoi je suis toujours prudent avec l'utilisation de termes comme "sadique" ou "masochiste" qui sont à mon sens trop réducteur de nos pratiques et ne reflétant pas réellement ce que nous faisons.
N'oublions pas non plus qu'on peut tout-à-fait être dans une relation D/s sans pratiquer le sm et on peut tout aussi bien aimer pratiquer le sm sans pour autant être dans une relation de Domination ou de soumission.
Ce ne sont bien sûr ici que quelques réflexions qui me viennent à l'esprit et qui n'engagent que moi, mais c'est ainsi que je conçois mes pratiques et que je les vis.
Dans de prochains articles je vous livrerai ce que je perçois dans nos pratiques sm et que nous nommons par commodité de "sadiques" et de "masochistes".

Pour conclure, je dirai que je prends beaucoup de plaisir à infliger une douleur à mes partenaires qui la transforme en plaisir, mais je serai horrifié de les blesser.
Comme le dit la formule titre d'une brochure figurant sur le site info-sida et destinée aux pratiquants du bdsm : "Fais-moi mal, mais fais-le bien !"




jeudi 4 août 2016

LA CÉRÉMONIE DES ROSES

LA CÉRÉMONIE DES ROSES




Le style de vie formel  BDSM est rempli de traditions et de cérémonies dont « le monde extérieur » est rarement témoin.
L’une des plus significatives est sans doute le « rituel de liaison » ou « Cérémonie des roses ».
Cette cérémonie trouve sa source dans le symbolisme et le mystique qui remontent à des siècles.
Voici une courte description de ce qu'elle implique et signifie.


UNE OBLIGATION ÉTERNELLE

Un couple qui a décidé de demeurer ensemble pour la durée de leurs vies et au-delà optera souvent pour ce rituel comme représentation symbolique de leur engagement éternel.
Il est parfois employé pour renforcer un rapport qui est passé par un temps difficile et a survécu à l'essai.
Il y a beaucoup de variations et les couples choisissent souvent d'ajouter leur propre empreinte au rituel pour le faire uniquement leur.

La cérémonie n'est presque jamais publique. Le plus souvent seulement le couple et un ou deux de leurs amis les plus proches sont présents mais elle peut se dérouler aussi devant une assemblées de personnes partageant les mêmes valeurs.
La soumise tient une rose blanche, pas tout à fait en pleine floraison, le Dominant une rose rouge qui est ouverte presque entièrement.
Les deux roses doivent avoir des épines sur leurs tiges et être fraîchement coupées.
Pour exécuter deux autres parties de ce rituel, une chaîne d’environ 3 mètres est également nécessaire ainsi qu’une bougie.

La soumise qui porte une robe toute simple et son collier, tient sa rose blanche et se lève.
Son dominant tenant, lui, sa rose rouge, lui ôte son collier. Il le passe rapidement à la flamme d’une bougie et le remet à son cou.
Tandis qu’ il l'attache solidement, il lui fait la déclaration qu'il la protégera et guidera pour toute l'éternité.

Avec une des épines de la tige de sa rose rouge, il pique le majeur de la soumise laissant deux gouttes de sang tomber sur les pétales blancs de sa rose à elle.
Elle lui offre alors les épines de sa rose et il pique son propre doigt.
Il laisse tomber deux gouttes de son propre sang sur la rose blanche.
Une goutte tombe sur un pétale et l'autre sur son sang à elle.
Les deux pressent alors leurs doigts l’un contre l’autre et font leurs voeux d’engagement mutuel et éternel par les liens de leur sang.

Leurs témoins ou amis prennent alors la chaîne, la passent rapidement à la flamme de la bougie et l'enroulent autour du couple qui répète ses voeux d’être lié par les âmes pour l'éternité.
Ils unissent leurs roses, laissant ainsi le sang sur celle de la soumise toucher le sang de celle du Dominant.
Enfin, ils échangent leurs roses.
Les roses sont placées dans un vase et plus tard, elles seront amenées dans leur chambre pour être comme un rappel pour eux de leur nouvelle obligation cette nuit tandis que leurs corps s’uniront.





Le lendemain matin, en parlant de leurs rêves et de leurs espoirs pour leur vie commune, ils enlèvent les pétales des roses qu'ils placent dans un récipient précieux après les avoir fait sécher.
Lors du décès de l'un ou de l'autre, une partie de ces pétales est enterrée avec le (la) disparu(e).
L'autre partie est conservée pour être enterrée avec le (la) survivant(e) lorsque sa mort viendra.
La chaîne sera précieusement gardée par l’un des proches qui l’emploiera s’il le veut pour sa propre cérémonie.



LE SYMBOLISME


La signification des roses :

La rose blanche, pas encore en pleine floraison, symbolise la soumission.
La couleur représente la pureté du cadeau de la soumise, total et absolu.

La rose rouge, presque entièrement ouverte, signifie la Domination.
Le rouge représente pour le Dominant sa passion et  le désir de protéger à tout prix sa soumise, bien qu'il puisse exiger d’elle de verser son sang pour qu’il en soit ainsi.
La rose est presque en pleine floraison pour symboliser qu'il est prêt et assez mûr pour accepter les responsabilités qu’il revendique.


La signification de passer au collier dans les flammes :

Dans des périodes plus anciennes, le collier alors de métal était d’abord chauffé puis plongé dans l'eau froide pour qu'il ait été brûlé puis lavé et donc débarrassé de toutes les impuretés.
Cette action symbolise aujourd’hui la mise à l’écart de toutes les « pollutions » du cercle de vie du couple.
Toutes les influences de l'extérieur sont brûlées par la chaleur du désir du Dominant de protéger et défendre sa docile...


La signification du sang :

La piqûre du doigt de la soumise est un symbole de virginité.
La femme se donne complètement à son Dominant.
Les gouttes de sang sur la rose blanche signifient la même chose.  
En piquant son propre doigt, le Dominant montre sa volonté de verser son sang pour la protéger et la défendre en tant que sa propriété.
La goutte qui tombe sur son sang à elle le recouvre et se mélange avec lui, indiquant de ce fait leur union.
La pression des blessures des épines permet à leur sang de se mélanger, les unissant aussi fortement que leurs propres liens de famille.
Ils sont maintenant de la même chair et du même sang.
Échanger les roses est symbolique de leur offrande mutuelle.


La signification de la chaîne :

La chaîne est une série de maillons qui représentent tous les événements qui les ont amenés à être unis.
Chacun s’enclenche avec les autres pour former la chaîne.
Le passage par la flamme symbolise la purification de tous les actes de leur vie passée et présente.
Toutes les mauvaises choses sont brûlées dans l’oubli et seulement les bonnes restent en mémoire.
L'encerclement des deux protagonistes par cette chaîne donne une image visuelle de l'union de deux âmes en une seule.
Cette chaîne n'est ensuite plus jamais employée sinon pour une cérémonie semblable par la personne amie qui était présente et qui reçoit cette chaîne comme cadeau.


La signification des pétales :

Le mélange des pétales signifie le mélange de leurs vies.  Les couples les maintiennent souvent dans une fiole décorative, une fois que les pétales ont séché complètement.
Après la mort de l’un(e) des deux, une partie de ces pétales est placée avec son corps pour montrer l’engagement qui se prolongera au delà de la tombe.
Beaucoup de légendes racontent que des roses ont pris naissance sur les tombes des couples qui ont aimé tellement fort pendant leur vie terrestre que même dans la mort leur amour éternel renaît sous forme de roses qui fleurissent encore sur les sépultures.




vendredi 12 septembre 2014

Pourquoi "Les deux Roses ?"

Telle est la question du titre de cet article et de l'intitulé du blog...

Le BDSM, en tant que philosophie et mode de vie, est empreint de symbolisme et parfois même de rituels importants.
Que ce soit une pose de collier, un branding ou tout simplement le début d'une séance, ces rituels permettent pour beaucoup de passer du monde "vanille" au monde BDSM ou de théâtraliser le moment afin de lui donner toute sa dimension.

Parmi ces rituels, la cérémonie des roses est peut-être, à nos yeux, le plus significatif dans le sens où l'engagement qu'il célèbre est réciproque et définitif !
Traditionnellement une personne ne peut le recevoir qu'une seule fois dans sa vie car le symbolisme qu'il renferme lie les deux personnes pour l'éternité... Oui nous en sommes conscient, c'est très romantique pour du BDSM !
Un prochain article expliquera en détail cette cérémonie, mais le but du présent article concerne notre choix pour ce symbole qui est devenu l'élément central des "armoiries" du Maître.
Ces deux roses sont des symboles importants de la cérémonie dans le sens où elles représente le Dominateur(trice) et la soumise/soumis.

Mais que vient faire une rose dans le BDSM ???

Si on se réfère à la symbolique de cette fleur, on retrouve historiquement la rose dans l'antiquité.
La mythologie grecque attribue la rose à Aphrodite dont la couleur était initialement le blanc, symbole de pureté sans tâche.
Le sang de son amant, Adonis (adon signifie "nos maîtres" en langue sémitique), s'étant répandu à sa mort sur la rose blanche d'Aphrodite, il donna alors naissance à une rose rouge...
La rose devient alors le symbole de l'amour qui parfois vainc la mort...
Adonis, rose rouge, est vivant pour Aphrodite. Il est à la fois la mort et le renouveau de la nature (vous vous souvenez, nous parlions de lien éternel...)



On retrouve un peu le même thème chez les romains où la rose blanche de Venus aurait été tachée par le vin de Cupidon et serait alors devenue rouge.
Ok c'est un peu moins glamour...

Mais dans ce cas, comme dans le précédent, il semble bien y avoir un principe passif (rose blanche) qui subit une action, voir une transformation par un principe actif (rose rouge).

Toutefois s'arrêter à ce seul symbolisme serait très réducteur.
Ainsi, éphémère et fragile sous sa forme végétale, la rose éveille les sens et révèle l’instant précieux dès qu'elle devient symbole.
Symbole de l’amitié et de l’amour la rose quelque soit sa couleur est l’une des meilleurs façons d’exprimer ses émotions.

Il existe un langage quasi universel qui permet d’identifier et de comprendre le message délivré.
- Rose blanche = Pureté, obéissance et abnégation.
- Rose rouge = Amour, force et respect.

Pour le couple bdsm, la rose devient synonyme de perfection et de beauté et ce sont bien les deux protagonistes (Maître et soumise) qui sont ici concernés.

La soumise offrira sa "pureté" (il faut considérer ce terme comme synonyme d'engagement, de renaissance et de nouveau départ) par le don de soi et le Maître recevra ce cadeau extraordinaire pour développer et entretenir la beauté de la soumise par sa force.
Il faut voir cette beauté quasiment comme l'essence vitale de la soumise (c'est à la fois son aspect physique mais également sa personne, sa psyché, sa joie de vivre...)


Dès lors la réunion des deux principes, "l'actif" et "le passif" permet de ne plus les voir comme des opposés, mais bel et bien comme des compléments de l'un et de l'autre, qui se réunissent par le biais d'une "alchimie" BDSM afin de parfaire les deux en un TOUT et de révéler leur quintessence.

NOUS, Sir John et Ange, sommes donc comme ces deux  roses, complémentaires, vivant en osmose, conscient l'un et l'autre de ce que nous nous apportons et de ce que nous nous donnons.

Sir John, rose rouge, guide, éducateur, protecteur et dominateur est Maître d'Ange, rose blanche, qui offre son corps et son âme dans un respect et une acceptation mutuelle.

De cette union sacrée -car le lien qui unit un Maître et sa soumise est sacré- naît un bouton de rose, hésitant entre blanc et rouge ou se révélant les deux à la fois...
Les tiges, chargées d'épines rappellent les épreuves traversées et celles qui surgiront dans le futur.
Mais elles sont également une force et un moyen de défense. Ces tiges s'entrecroisent pour accroître la force commune.


Telles sont à nos yeux les raisons pour lesquelles nous avons adopté cette symbolique, mémento quotidien de notre engagement l'un pour l'autre puisque qu'il est devenu la marque du Maître fixé définitivement dans la peau de la soumise...


jeudi 11 septembre 2014

Qui sommes-nous et pourquoi ce blog ?

Qui sommes-nous et pourquoi ce blog ?

Tiens, un blog de plus...
Une vie donnée en pâture aux mateurs du web ou autres "wannabe", exutoire à une pulsion exhibitionniste des auteurs...
Peut-être certains le verront-ils ainsi.
Notre démarche est toute autre. Ce blog, nous le faisons... pour Nous !
Paradoxe dans la course à la notoriété des blogueurs devenus pros ? A vrai dire, on s'en fiche...

Nous faisons ce blog afin de pouvoir, de temps en temps, prendre le temps de nous poser et de jeter un petit coup d'oeil, parfois nostalgique, sur notre vie.
La technologie met ce moyen à notre disposition, en d'autres temps nous aurions juste écrit un journal ou des mémoires...
Là encore il n'y a pas de prétention dans la démarche, juste l'envie d'écrire et de partager entre nous.
Alors si exposer ce partage avec vous qui êtes en train de lire ces lignes peut avoir un quelconque intérêt, donner sujet à réflexion, y trouver des idées, inspirer des envies ou tout simplement passer un moment plaisant de lecture, c'est avec enthousiasme que nous partagerons aussi ces moments avec vous.
Merci de votre intérêt et merci de lire ces lignes...




Sir John :

Je suis un homme dominateur de 44 ans. J'ai commencé le BDSM un peu avant mes 18 ans, comme soumis d'une Domina d'origine allemande qui résidait en partie à Paris et en partie à Heidelberg.

Après 6 mois, ma Maîtresse me dit ceci :
"John, il m'est difficile de dire ce que je dois te dire, mais il en va de nous deux... Je me suis trompée, j'en assume la faute, mais tu dois bien te rendre compte que ça ne va pas, que tu n'es pas soumis.
Tu y mets de la bonne volonté, c'est indéniable, mais ce n'est pas ta nature, ce n'est pas toi, et je crains que cela ne le soit jamais.
Alors nous allons en rester là. Je pressentais cela mais devant ton insistance et devant ta bonne volonté j'ai eu la faiblesse de te céder cette fois là. C'est une leçon que j'en tire car cela ne se reproduira plus!
Mais comme je te l'ai dit, c'est mon erreur, aussi je ne te laisserai pas seul.
Tu as de mon point de vue une nature dominatrice. Alors je ne t'apprendrai pas à dominer, tu apprendras au contact d'une soumise qui te fera, mais je serai à tes côtés pour te conseiller, te corriger, te permettre de comprendre, de te comprendre.
Tu as tout à apprendre, mais je peux t'aider."

A pas tout à fait 19 ans, je laissais donc émerger ma "vraie" nature, mon aspect Dominant.
Ma Maîtresse, ou plutôt celle qui devint mon mentor, me "procura" ma première soumise, car à 19 ans, on n'a pas grande crédibilité comme Dominateur et probablement pas grand chose à apporter à une soumise.
Le manque d'expérience, ce côté présomptueux propre à cet âge et un ego (si, si les Dominateur en ont !) bien présent devaient être corrigés.
C'est une soumise de 14 ans mon aînée, Nina, qui fit de moi un Dominateur et me permis de "faire mes armes". Elle m'a appris la majeure partie de ce que je connais, du moins en ce qui concerne des "bases".
Puis je me suis intéressé à ce qui se passait autours de moi, à une époque où on parlait de SM et non de BDSM, de façon presque honteuse. J'ai ainsi eu des contacts en Allemagne, aux USA (en particulier avec la Société de Janus).

Un jour j'ai rencontré une jeune femme, S., que j'ai aimé et, avec toute la désinvolture et le naturel qui me caractérisaient alors, je lui ai proposé de partager mes "jeux", cet aspect de ma vie.
Elle s'enfuit trois jours plus tard...
Je me suis rendu compte alors de ce décalage entre notre mode de vie et celui dit "normal" ou "vanille".

Peu de temps après je rencontrai A. et nous sommes tombé follement amoureux l'un de l'autre.
Je ne voulais pas recommencer la même erreur aussi j'ai décidé de prendre sur moi et de faire taire ce côté de ma personnalité.
A. avait sur le sujet une totale aversion, ne connaissant pas les pratiques ni la démarche. Elle voyait dans des pratiques SM et une relation D/s une manifestation dépravée et perverse de la lie de l'humanité. Nous nous sommes mariés et avons eu des enfants.
Je conservai mes démons bien enfouis, devant parfois lutter pour qu'ils ne resurgissent pas à grands fracas... Mon parcours professionnel m'éloignant 6 mois par an de mon foyer m'y a aidé et c'est dans le travail que je suis allé puiser tout ce qui pouvait me distraire de mes pulsions.
Certains jours je pensais m'arracher les cheveux, je me mentais, je lui mentais.
Celui qu'elle avait épousé, qu'elle aimait, ce n'était pas moi. Enfin, pas tout à fait, pas entièrement.

Passant tous les deux le cap de la quarantaine, nous avons finit par nous rendre à l'évidence que nous nous ennuyons, le sexe à la papa devenait monotone et sans grand intérêt, juste "pour l'hygiène" pourrions nous dire.
J'ai donc proposé à A. d'essayer des expériences libertines, histoire de pimenter un peu notre vie. Nous avons entamé une période de libertinage, très progressivement, passant du côte-à-côtisme au mélangisme, révélant la bisexualité d'A. pour notre plus grand plaisir à tous les deux, trouvant un certains amusement et plaisir avec d'autres partenaires.
Mais... En fait, cela devint vite ennuyeux aussi. Ou plutôt, nous n'y avons pas trouvé notre compte car le milieu libertin aujourd'hui ne se soucie que bien peu des personnes et est, à nos yeux, dépourvu du moindre respect et de la moindre classe (le champagne et les tenues sexy dans certains cercles parisien n'y changeront rien !) Soit, nous nous retrouvions au lit ou sur un canapé en 5 minutes sans même connaître le prénom de nos partenaires, soit après 5 heures de discutions nous constations qu'il était trop tard pour faire quoi que ce soit et qu'il ne nous restait plus qu'à rentrer...
Par ailleurs aller en soirée pour "trouver à baiser" n'est pas ce que j'aime particulièrement. Mon côté romantique qui ressort en somme...

A. me demanda alors ce que nous pourrions faire... J'ai décidé de me lancer, de tout lui dire, peut être d'arrêter de me mentir en somme, au risque de perdre ma femme, ma vie...
Le risque était important à mes yeux et j'étais vraiment inquiet de sa réaction.
Je me souvins que dans nos ébats elle aimait toutefois recevoir une claque sur les fesses ou alors avoir les yeux bandés ou même être attachée. Cela m'a encouragé à lui parler.
Je lui dit que j'avais quelque chose à lui proposer mais que je lui demandai de ne pas me juger ni prendre de décision hâtive et qu'il serait peut être bien que nous nous asseyons...
Je lui ai expliqué ce côté de ma personnalité, ce que j'aimais, ce que je faisais...
Après une bonne demie-heure ou elle était restée presque silencieuse elle me dit qu'elle devait digérer tout cela, de lui laisser du temps...
L'avenir s'assombrissait... Du moins c'est ce que je pensais... Et je me trompais...
Elle me dit ensuite qu'elle ne comprenait pas pourquoi je ne lui en avait pas parlé avant. Elle m'en voulait pour cela... Nous étions au mois d'août 2013.
Elle me dit ensuite qu'elle voulait bien essayer des jeux, mais juste pour voir, pour pimenter un peu... Nous avons alors pratiqué des fessées, quelques situations de jeux de rôle D/s très soft.
A. est dans sa vie professionnelle très directive et une meneuse.
Elle m'avoua qu'elle avait adoré être dirigée...
Un mois s'est ainsi passé à jouer ainsi, durant lequel je lui ai exposé quelques tenants et aboutissants de ce qui avait été pour moi un mode de vie.
Elle me dit qu'elle pourrait accepter de jouer de temps en temps mais qu'elle ne pourrait pas en faire un mode de vie quotidienne... Là, c'est elle qui se trompait...

Le 11 septembre 2013, alors que je rentrai chez moi d'une réunion tardive, je trouvais la lumière de notre chambre allumée.
Lorsque je suis entré, j'ai trouvé A., nue, à genoux, la tête baissée.
Elle me dit alors : "Mon Amour, est ce que tu accepterais de devenir mon Maître ?"

Ce soir là, A. est devenue Ange me faisant renaître Maître...




Ange :

Je suis une femme de 42 ans.

Je suis, et le dit fièrement aujourd'hui, soumise !
Je ne suis pas une paillasse, une sous-humaine ou quoi que ce soit d'autre dans la vision de ceux qui ne connaissent pas ce que je vis.
Je suis... Ce que Mon Maître veut que je sois !
Sa femme, la mère de Ses enfants, Son amante, Sa salope, Sa chienne, Sa soumise, Son esclave, Sa conquise. Aujourd'hui, je suis tout cela, je suis juste : Sienne.

Le BDSM pour moi était un monde de dépravation et de débauche.
Je n'y connaissais rien et je ne peux pas dire qu'après un an de pratique j'ai la moindre légitimité pour en parler. J'ai juste la légitimité que me donne Mon Maître et ce lien qui nous unit.
A mes yeux ce lien est le plus puissant au monde.

J'ai donc découvert le BDSM il y a un an.
Mais... Ayant accepté de jouer au départ, pour faire plaisir à Mon Maître, pour voir ce que c'était, je me suis vite prise au jeu.
J'ai découvert rapidement que cela me plaisait, que j'aimais qu'IL me dirige, qu'IL me flagelle, qu'IL me malmène, qu'IL tire Son plaisir de moi, de ma jouissance comme de ma douleur.
Rapidement le "jeu" ne me suffisait plus.
Rapidement je suis devenue "en manque" si nous ne pratiquions plus durant une semaine...
C'est devenue une nécessité pour mon équilibre.

J'ai senti au début que Mon Maître se "retenait", qu'IL avait peut être du mal à voir en moi Sa soumise car j'étais aussi Sa femme.
Nous avons alors convenu de "rituels" et de comportements pour passer de l'un à l'autre.
Ce fut, je pense, un succès au regard de ce que j'arrive à LUI donner aujourd'hui.
Je n'ai pas connu d'autres Maîtres, je n'ai pas de comparaison possible et pour tout dire, je pense que je ne pourrais pas me soumettre à une autre personne (sauf si c'est la volonté de Mon Maître bien sûr) mais je sais qu'IL me guide, qu'IL me modèle et qu'IL met toute Sa force, tout Son savoir et tout Son art à cela.

Après 6 mois, Mon Maître me proposa de passer du jeu à la philosophie de vie, à une pratique quotidienne.
Aujourd'hui nous pratiquons au quotidien.
Nous avons encore une vie "vanille" car nos enfants, nos amis, notre vie professionnelle ne permettent pas que nous nous comportions avec des relations D/s en permanence.
Mais autant nous avons commencé comme un couple vanille pratiquant de temps en temps le D/s autant nous sommes aujourd'hui un couple D/s pratiquant le "vanille" pour donner le change à notre entourage...
C'est une chose amusante à bien y réfléchir...

J'ai été fière de renforcer mon engagement à Mon Maître en août 2014 lorsqu'IL m'honora en s'unissant à moi par la cérémonie des roses, affirmant qu'IL est et restera Mon Maître à jamais et que je suis et resterai Sienne à jamais.
Je ne sais jusqu'où notre vie ainsi nous mènera, je fais confiance à Mon Maître pour cela, pour nous mener le mieux possible tous les deux, mais je regarde l'avenir avec LUI, à Le servir, à L'aimer, à LUI donner du plaisir, en toute confiance et pleine de joie.
Je sais qu'IL agira toujours pour mon bien, pour mon amélioration, pour mon accomplissement, et je LUI offrirai ce dernier comme je LUI offre mon corps et mon âme, le don de moi-même, car IL est Mon Maître et je suis Sienne, à jamais !