Je lis souvent au gré du net cette fameuse
phrase « Chacun est libre de vivre SON bdsm ». Formule reprise en
différentes déclinaisons et qui laisse imaginer à travers ces quelques mots que
si on pense différemment on s’oppose à la liberté d’expression ou même à la
liberté de respirer l’air qui nous entoure. J’ai même rencontré des variantes
sous la forme de « droit à l’indifférence » et autres salmigondis…
Je pense que lorsqu’on affirme une telle
chose on commet une énorme méprise entre le fond et la/les formes du bdsm et qu’on
ne prend pas bien en compte tout ce que cela implique.
Explicitons un peu les choses :
BDSM, le fond :
Pour moi (et cela n’est que ma vision des
choses, qui s’inscrit dans un cadre de pratiques SSC), le BDSM est un état d’esprit,
une démarche, dans lesquels une personne (appelée soumise) remet à une autre
personne (appelée dominante) le pouvoir de décision et d’action. La personne
soumise attend de la personne dominante qu’elle exerce effectivement ce pouvoir
de façon bienveillante à travers des pratiques et une relation qui doit leur
permettre une forme d’accomplissement ou au minima d’avoir du plaisir.
Pour moi ce don qui est fait par la
personne soumise n’a de légitimité que si celui-ci se fait d’une façon totalement
libre et consentie, c’est-à-dire sans aucune emprise physique ou psychologique.
Ce don n’est jamais un acquis définitif mais se renouvelle par tacite
reconduction tant que la confiance et le lien existent, chacun pouvant y mettre
un terme à tout moment.
Je n’ai pas la prétention de détenir la
Vérité Vraie (chacun sait que la vérité dépend énormément de sa position, de
son point de vue) et encore moins de définir ce qu’est dans l’absolu le bdsm,
mais je pense que dans ce que je viens d’exprimer nous pouvons retrouver le
plus petit dénominateur commun que nous avons tous dans nos relations et nos
pratiques.
BDSM, la/les formes :
Ici, il s’agit de la façon dont chacun
vivra cela, des pratiques que chacun aime ou n’aime pas et qui sont propres à
chaque personne, à chaque couple D/s. Ici nous trouverons autant de pratiques
diverses et variées que de pratiquants. Ici chacun peut vivre SES PRATIQUES
bdsm.
Or les formes n’auraient rien de bdsm sans
le fond…
En effet, fouetter au sang une personne ne
serait-il pas un acte de torture ou de barbarie sans le consentement, sans la
bienveillance ?
De même, contrôler la sexualité d’une
personne ne serait il pas assimilé à une manipulation si cela n’entre pas dans
le cadre d’un accord librement consenti ?
Voilà pour moi où est toute la différence
et pourquoi « on ne peut pas vivre SON bdsm ». En effet laisser
croire cela légitimerait de fait tout abus, toute manipulation, toute malveillance.
Ainsi, parce qu’un pervers narcissique
manipulateur pourrait vivre SON bdsm, il pourrait alors légitimement détruire
la victime tombée entre ses mains ! Rien à lui redire : il vit SON
bdsm…
Je ne peux adhérer à cela, désolé…
Je ne peux adhérer à cela, désolé…
Ne vous y trompez pas, je ne suis pas en
train de vouloir réglementer ou uniformiser nos pratiques ou même de m’immiscer
dans la vie privée de chacun. J’invite juste chacun à se poser des questions, à
se demander si cette illusion de liberté que prônent certain(e)s n’arrange pas au
final ces mêmes personnes qui revendiquent le droit à l’indifférence et qui
leur permet alors d’agir sous couvert d’anonymat, en se persuadant elles-mêmes et
autrui de la légitimité de leurs actes et pensées.
On les reconnait facilement, elles n’ont à la bouche que les mots « grands pontes du bdsm » ou « ceux qui détienne LA vérité » ou encore « ceux qui pratiquent le VRAI bdsm » pour qualifier toute personne qui ne pense pas comme elles.
On les reconnait facilement, elles n’ont à la bouche que les mots « grands pontes du bdsm » ou « ceux qui détienne LA vérité » ou encore « ceux qui pratiquent le VRAI bdsm » pour qualifier toute personne qui ne pense pas comme elles.
Ce ne sont pourtant que des effets de
manche pour induire la confusion dans les esprits et s’empresser de reporter
sur autrui ce qu’on pourrait bien leur reprocher…
Être indifférent, c’est aussi dans
certains cas de la non-assistance à personne en danger.
A cela j’oppose l’altruisme, pourtant
défendu souvent par les mêmes personnes « libres et indifférentes » qui
galvaudent au passage bon nombre de vertus au gré de leurs humeurs et de ce qui
les arrange.
Alors non, on n’est pas libre de vivre SON
bdsm, parce qu’il n’y a pas quinze mille bdsm, il y a un état d’esprit, une démarche,
belle, respectueuse et consensuelle : le BDSM, qui se manifeste de façons
différentes en fonction des pratiques de chacun.
Pour ma part je vis MES PRATIQUES bdsm, encadrées
par l’état d’esprit DU bdsm.
Sir John





