mercredi 10 janvier 2018

Chacun SON bdsm, pourquoi est-il dangereux de penser cela ?


Je lis souvent au gré du net cette fameuse phrase « Chacun est libre de vivre SON bdsm ». Formule reprise en différentes déclinaisons et qui laisse imaginer à travers ces quelques mots que si on pense différemment on s’oppose à la liberté d’expression ou même à la liberté de respirer l’air qui nous entoure. J’ai même rencontré des variantes sous la forme de « droit à l’indifférence » et autres salmigondis…
Je pense que lorsqu’on affirme une telle chose on commet une énorme méprise entre le fond et la/les formes du bdsm et qu’on ne prend pas bien en compte tout ce que cela implique.




Explicitons un peu les choses :

BDSM, le fond :
Pour moi (et cela n’est que ma vision des choses, qui s’inscrit dans un cadre de pratiques SSC), le BDSM est un état d’esprit, une démarche, dans lesquels une personne (appelée soumise) remet à une autre personne (appelée dominante) le pouvoir de décision et d’action. La personne soumise attend de la personne dominante qu’elle exerce effectivement ce pouvoir de façon bienveillante à travers des pratiques et une relation qui doit leur permettre une forme d’accomplissement ou au minima d’avoir du plaisir.
Pour moi ce don qui est fait par la personne soumise n’a de légitimité que si celui-ci se fait d’une façon totalement libre et consentie, c’est-à-dire sans aucune emprise physique ou psychologique. Ce don n’est jamais un acquis définitif mais se renouvelle par tacite reconduction tant que la confiance et le lien existent, chacun pouvant y mettre un terme à tout moment.
Je n’ai pas la prétention de détenir la Vérité Vraie (chacun sait que la vérité dépend énormément de sa position, de son point de vue) et encore moins de définir ce qu’est dans l’absolu le bdsm, mais je pense que dans ce que je viens d’exprimer nous pouvons retrouver le plus petit dénominateur commun que nous avons tous dans nos relations et nos pratiques.

BDSM, la/les formes :
Ici, il s’agit de la façon dont chacun vivra cela, des pratiques que chacun aime ou n’aime pas et qui sont propres à chaque personne, à chaque couple D/s. Ici nous trouverons autant de pratiques diverses et variées que de pratiquants. Ici chacun peut vivre SES PRATIQUES bdsm.

Or les formes n’auraient rien de bdsm sans le fond…
En effet, fouetter au sang une personne ne serait-il pas un acte de torture ou de barbarie sans le consentement, sans la bienveillance ?
De même, contrôler la sexualité d’une personne ne serait il pas assimilé à une manipulation si cela n’entre pas dans le cadre d’un accord librement consenti ?
Voilà pour moi où est toute la différence et pourquoi « on ne peut pas vivre SON bdsm ». En effet laisser croire cela légitimerait de fait tout abus, toute manipulation, toute malveillance.
Ainsi, parce qu’un pervers narcissique manipulateur pourrait vivre SON bdsm, il pourrait alors légitimement détruire la victime tombée entre ses mains ! Rien à lui redire : il vit SON bdsm…
Je ne peux adhérer à cela, désolé…




Ne vous y trompez pas, je ne suis pas en train de vouloir réglementer ou uniformiser nos pratiques ou même de m’immiscer dans la vie privée de chacun. J’invite juste chacun à se poser des questions, à se demander si cette illusion de liberté que prônent certain(e)s n’arrange pas au final ces mêmes personnes qui revendiquent le droit à l’indifférence et qui leur permet alors d’agir sous couvert d’anonymat, en se persuadant elles-mêmes et autrui de la légitimité de leurs actes et pensées.
On les reconnait facilement, elles n’ont à la bouche que les mots « grands pontes du bdsm » ou « ceux qui détienne LA vérité » ou encore « ceux qui pratiquent le VRAI bdsm » pour qualifier toute personne qui ne pense pas comme elles.
Ce ne sont pourtant que des effets de manche pour induire la confusion dans les esprits et s’empresser de reporter sur autrui ce qu’on pourrait bien leur reprocher…




Être indifférent, c’est aussi dans certains cas de la non-assistance à personne en danger.
A cela j’oppose l’altruisme, pourtant défendu souvent par les mêmes personnes « libres et indifférentes » qui galvaudent au passage bon nombre de vertus au gré de leurs humeurs et de ce qui les arrange.

Alors non, on n’est pas libre de vivre SON bdsm, parce qu’il n’y a pas quinze mille bdsm, il y a un état d’esprit, une démarche, belle, respectueuse et consensuelle : le BDSM, qui se manifeste de façons différentes en fonction des pratiques de chacun.

Pour ma part je vis MES PRATIQUES bdsm, encadrées par l’état d’esprit DU bdsm.

Sir John

mardi 9 janvier 2018

Evolution et évolutions…


Bonjour à toutes et à tous. Cela fait un bon moment que je n’ai pas alimenté ce blog. La raison en est fort simple : un manque de temps et le besoin aussi de faire le point.
Lors d’un précédent article, je vous livrai une petite allégorie, celle de la montagne à gravir, qui se concluait par le fait que la jeune fille et son guide sont un jour arrivés en haut de leur montagne et qu’il leur fallait alors faire un choix.
Ange et moi avons atteint le sommet de notre montagne il y a quelques mois de cela… Nous avons fait un choix…

J’ai décidé, après en avoir parlé avec elle de lui retirer mon collier.
Oh ce n’est pas triste, loin de là. Nous avons en fait d’autres montagnes à gravir, mais nous avons chacun la nôtre, même si nous avançons toujours ensemble.
Ange depuis un bon moment montrait un intérêt grandissant pour la Domination.
Pour tout dire, je pense que son caractère profond est celui d’une Dominante. Aussi je l’ai encouragé à aller en ce sens, à Dominer ponctuellement soumis et soumises, le temps d’un soir. Et elle est douée ! Non... Elle est faite pour cela ! Il lui fallait juste le temps nécessaire pour s’en rendre compte.

Dès lors mon rôle de Maître était terminé. Je pense sincèrement que lorsqu’on aime sincèrement une personne qui se soumet à soi, notre premier objectif, en dehors d’assurer sa sécurité, c’est de veiller à son épanouissement.
Aussi si l’épanouissement d’Ange nécessite qu’elle Domine, il serait égoïste de ma part de l’en empêcher si je suis convaincu que cela la rendra heureuse.
Le Maître a donc tiré sa révérence afin qu’elle puisse s’affirmer comme Dominante.




Certains, et Ange elle-même, m’ont demandé pourquoi ne pas lui permettre de Dominer tout en restant ma soumise ?
Et bien tout simplement parce qu’elle comme moi, nous ne pouvons nous contenter de quelque chose qui ne serait pas « total ». En Dominant, sa soumission envers moi petit à petit deviendrait quelque chose qu’elle « permet » mais qu’elle ne ressent pas au plus profond d’elle-même. Elle a appris à me dire NON, et c’était mon ultime leçon pour elle… sourire…
Ange n’est plus, Lady Angel a vu le jour…
De Maître je suis passé au « rôle » de mentor. Et c’est avec joie que nous avons trouvé une nouvelle complicité, cette fois-ci celle de deux Dominants échangeant impressions et conseils…

Mais je parlais d’évolutions au pluriel…
En effet, ces derniers mois Lady Angel a rencontré un soumis - en fait, étant travesti nous l’appelons « soumise » - et elle a entamé une relation D/s avec elle. Cette soumise, du nom d’Hisaë lui a fait la demande de devenir sa soumise et Lady Angel a accepté de devenir sa Maîtresse. J’avoue que j’éprouve une très grande joie de voir Lady Angel s’épanouir dans sa Domination de sa soumise, toujours à l’affût de nouvelles choses, toujours soucieuse de veiller à l’épanouissement de sa soumise. J’avoue aussi tirer une certaine fierté de cela, lui ayant un peu mis le pied à l’étrier…




De mon côté j’ai rencontré une femme avec qui, lors d’une soirée, j’ai pu pratiquer. Il est des évidences en ce monde qui me font dire que le hasard n’existe pas… J’ai su dès cet instant que nous étions faits pour être Maître et soumise. J’ai su dès cet instant la sincérité de son envie de se soumettre, de se soumettre totalement, et de se soumettre à moi…
Je l’ai baptisé Kaïwen et elle m’a fait sa demande pour que je devienne son Maître en début octobre 2017. J’ai accepté et je sais aujourd'hui avoir fait le bon choix.


Tout l’aspect délicat était maintenant de vivre cette relation au sein de mon couple, puisque lady Angel est également ma femme.
Ce n’est pas une relation de couple comme se présente un couple vanille, ni une relation à trois. Cela prend l’aspect d’une relation en quatuor, mais avec des subtilités importantes. Il y a d’abord le respect du couple que nous formons Lady Angel et moi. Il y a aussi le respect de la relation entre Lady Angel et sa soumise Hisaë. Il y a le respect de la relation entre Kaïwen et moi. Il y a les relations que nous pouvons avoir lorsque nous sommes tous les quatre réunis à la maison. Il y a toutes les notions d’intimité qu’impliquent ces relations. Si la pratique du BDSM dépasse largement une relation sexuelle, je n’imagine pas retirer tout aspect sexuel de la relation Dom/soum… Ce sont autant de notions qu’il faut comprendre, accepter et assimiler… Ca, et la présence « d’autrui ».

L’arrivée de ma soumise ne doit pas non plus être perçue comme un « remplacement » d’Ange, comme si elle prenait sa place.
Non chacun a sa propre place et nul ne prend celle de l’autre.
Et bien voyez vous tout ceci est beaucoup plus facile à dire ou écrire qu’à mettre en application et à accepter.

Il faut beaucoup communiquer et expliquer. Ne pas précipiter les choses. Mais pour cela il faut que les quatre personnes acceptent aussi de faire cet effort.
Et bien ce fut le cas. Nous avons parlé, communiqué, nous avons franchis des étapes les unes après les autres pour arriver à ce que nous voulions réaliser sans aucune certitude de réussir. Mais toujours animé d’un véritable espoir et d’un réel amour.

Aujourd’hui Lady Angel et moi vivons en parfaite harmonie notre relation d’époux.
lady Angel mène l’éducation de sa soumise Hisaë en ne se limitant sur rien et il me semble les voir en tirer un réel accomplissement réciproque.
Kaïwen et moi vivons notre relation D/s (et uniquement dans le cadre des pratiques bdsm) sans aucune limite et ma soumise a fait de moi un Maître à nouveau.

Tous les quatre nous avons formé une sorte de petite famille mais tout permettant aux uns et aux autres de vivre leur relation sans avoir à la limiter.
Ce sont donc de nouvelles histoires qui vont maintenant s’écrire au fil de ce blog.




Ange, Lady Angel restera à jamais ma rose blanche, même maintenant empourprée.
Mais elle a aussi Hisaë ,sa rose blanche, à ses pieds et j’ai une rose blanche, Kaïwen, aux miens qui ne demande qu’à s’abreuver de soleil et de plaisirs…


Nous allons tous nous y atteler…

Sir john