Aujourd'hui une petite mise au point concernant un sujet auquel nombre de relations D/s naissantes peuvent être confrontées.
Mon attention a été attirée au gré de ma navigation sur le net par le cas de figure suivant :
Une soumise ayant débuté une relation avec un Dominant avait dans le même temps un autre Dominant avec qui elle pratiquait de temps à autre...
Elle partait du principe que ni le premier ni le second Dominant ne lui avait remis de collier et qu'elle n'était donc pas engagée ni avec l'un ni avec l'autre...
Elle se "soumettait" alors à l'un et à l'autre selon les circonstances et selon ses envies.
Je vais vous exposer ma vision des choses, qui bien sûr n'est que MA vision... Mais je la partage au moins avec moi-même...
Par principe, au sein du couple D/s chacun agit selon ce qui a été convenu. Ainsi s'il est laissé la possibilité d'avoir un autre Dominant cela ne regarde que les personnes concernées et grand bien leur fasse !
Encore faut-il que cela soit convenu et accepté.
En revanche, une soumise ne peut avoir qu'un(e) seul(e) Maître(sse) (ou couple de Maître/Maîtresse qui devient alors une entité Dominante).
Elle porte alors le collier qui lui a été remis comme symbole de l'engagement et de confiance réciproque.
Par sa nature ce lien ne peut être engagé qu'avec une seule personne Dominante car celle-ci devient l'unique détentrice du pouvoir remis par la soumise.
L'exercice de ce pouvoir est alors réservé au Maître et ne peut être partagé ou transmis à une tierce personne que par le Maître lui-même.
Nous sommes alors ici dans le cadre d'une relation D/s construite et destinée à évoluer.
Nous ne sommes plus dans le cadre d'une relation occasionnelle où la personne "soumise" ne s'engage pas.
Là où le bât blesse, c'est lorsque cela se fait sans qu'un des protagonistes soit au courant.
On pourrait d'ailleurs poser le cas du Dominant qui aurait une autre soumise sans qu'aucune des deux ne connaisse l'existence de l'autre.
De par son statut le Dominant pourrait bien sûr cacher l'existence d'une autre soumise à sa première, mais au delà du "manque de classe" (et là c'est un parti pris) c'est surtout un réel manque de confiance en sa soumise et en soi qui se révélerait.
Mais je m'éloigne du sujet...
La question est donc : le fait de ne pas porter un collier et de ne pas avoir fait d'un Dominant son Maître permet-il de conserver une totale liberté dans sa "soumission" ?
Je vais être très clair : Une soumise qui espérerait devenir mienne et qui entretiendrait une relation D/s avec une autre personne en même temps, qui plus est en me le cachant, prendrait immédiatement la porte !
Je me remettrai également clairement en cause moi-même, car je prends un soin extrême avant d'entamer une relation. Les relations qui m'intéressent sont des relations suivies. Je pratique du bdsm, pas du libertinage (et pourtant je n'ai rien contre ce dernier).
Mais j'aurai alors clairement fait une erreur de casting ou je n'aurai pas été capable de communiquer correctement avec cette soumise.
Nous rencontrons aujourd'hui selon moi deux types de "soumises". Les premières sont dans une démarche visant à l'établissement d'une relation D/s, elle sont à "conquérir" et deviendront la fierté de leur Maître à n'en point douter.
Elles souhaitent établir une relation de complicité, de confiance, de service et trouver aux pieds de leur Maître leur épanouissement et leur accomplissement. Ce n'est pas un jeu pour elles. Elles sont soumises dans l'âme et prêtes à donner sans compter...
Ces soumises retiennent toute mon attention et mon respect de Dominant envers leur démarche.
L'autre catégorie est la pseudo-soumise ou pire la "souminatrice", qui voit dans la relation D/s un jeu par lequel elle va pouvoir découvrir et prendre du plaisir. Leur principale recherche est le plaisir, le leur !
Ainsi elles ne se sentiront pas engagées avec qui que ce soit tant qu'elles n'auront pas trouvé "le bon" (si tenté même qu'elles le recherchent). Il n'est pas question pour elles d'avoir la patience d'attendre que la relation se développe. Elles aiment courir plusieurs lièvres à la fois mais ne restent jamais dans une relation suivie très longtemps.
C'est ce que j'appelle "les coups d'un soir" que je range dans la catégorie libertines en mode bdsm...
Je peux paraître un peu dur avec ces dernières, mais posez-vous la question : Pensez-vous que le bdsm soit un monde de bisounours ?
La relation se fait souvent dans la douleur et les larmes, dans le sacrifice, dans le dépassement de soi.
Comment donner foi à une personne qui ne peut pas s'engager même sur du court terme ?
Comment avoir envie de poursuivre la construction d'une relation dans laquelle je m'engage si la personne avec qui je construis ne s'engage pas elle-même ?
C'est ici une des différences entre la pratique du bdsm et celle du libertinage à mon sens.
L'un et l'autre sont très respectable mais ne poursuivent pas le même but.
A l'heure de la consommation "kleenex" et du superficiel profondément gravé dans notre société, j'aime à croire que la relation D/s nous rapproche d'une authenticité, d'une vérité humaine à notre portée même si les sacrifices pour l'obtenir ne sont pas accessibles à tous.













