jeudi 11 septembre 2014

Qui sommes-nous et pourquoi ce blog ?

Qui sommes-nous et pourquoi ce blog ?

Tiens, un blog de plus...
Une vie donnée en pâture aux mateurs du web ou autres "wannabe", exutoire à une pulsion exhibitionniste des auteurs...
Peut-être certains le verront-ils ainsi.
Notre démarche est toute autre. Ce blog, nous le faisons... pour Nous !
Paradoxe dans la course à la notoriété des blogueurs devenus pros ? A vrai dire, on s'en fiche...

Nous faisons ce blog afin de pouvoir, de temps en temps, prendre le temps de nous poser et de jeter un petit coup d'oeil, parfois nostalgique, sur notre vie.
La technologie met ce moyen à notre disposition, en d'autres temps nous aurions juste écrit un journal ou des mémoires...
Là encore il n'y a pas de prétention dans la démarche, juste l'envie d'écrire et de partager entre nous.
Alors si exposer ce partage avec vous qui êtes en train de lire ces lignes peut avoir un quelconque intérêt, donner sujet à réflexion, y trouver des idées, inspirer des envies ou tout simplement passer un moment plaisant de lecture, c'est avec enthousiasme que nous partagerons aussi ces moments avec vous.
Merci de votre intérêt et merci de lire ces lignes...




Sir John :

Je suis un homme dominateur de 44 ans. J'ai commencé le BDSM un peu avant mes 18 ans, comme soumis d'une Domina d'origine allemande qui résidait en partie à Paris et en partie à Heidelberg.

Après 6 mois, ma Maîtresse me dit ceci :
"John, il m'est difficile de dire ce que je dois te dire, mais il en va de nous deux... Je me suis trompée, j'en assume la faute, mais tu dois bien te rendre compte que ça ne va pas, que tu n'es pas soumis.
Tu y mets de la bonne volonté, c'est indéniable, mais ce n'est pas ta nature, ce n'est pas toi, et je crains que cela ne le soit jamais.
Alors nous allons en rester là. Je pressentais cela mais devant ton insistance et devant ta bonne volonté j'ai eu la faiblesse de te céder cette fois là. C'est une leçon que j'en tire car cela ne se reproduira plus!
Mais comme je te l'ai dit, c'est mon erreur, aussi je ne te laisserai pas seul.
Tu as de mon point de vue une nature dominatrice. Alors je ne t'apprendrai pas à dominer, tu apprendras au contact d'une soumise qui te fera, mais je serai à tes côtés pour te conseiller, te corriger, te permettre de comprendre, de te comprendre.
Tu as tout à apprendre, mais je peux t'aider."

A pas tout à fait 19 ans, je laissais donc émerger ma "vraie" nature, mon aspect Dominant.
Ma Maîtresse, ou plutôt celle qui devint mon mentor, me "procura" ma première soumise, car à 19 ans, on n'a pas grande crédibilité comme Dominateur et probablement pas grand chose à apporter à une soumise.
Le manque d'expérience, ce côté présomptueux propre à cet âge et un ego (si, si les Dominateur en ont !) bien présent devaient être corrigés.
C'est une soumise de 14 ans mon aînée, Nina, qui fit de moi un Dominateur et me permis de "faire mes armes". Elle m'a appris la majeure partie de ce que je connais, du moins en ce qui concerne des "bases".
Puis je me suis intéressé à ce qui se passait autours de moi, à une époque où on parlait de SM et non de BDSM, de façon presque honteuse. J'ai ainsi eu des contacts en Allemagne, aux USA (en particulier avec la Société de Janus).

Un jour j'ai rencontré une jeune femme, S., que j'ai aimé et, avec toute la désinvolture et le naturel qui me caractérisaient alors, je lui ai proposé de partager mes "jeux", cet aspect de ma vie.
Elle s'enfuit trois jours plus tard...
Je me suis rendu compte alors de ce décalage entre notre mode de vie et celui dit "normal" ou "vanille".

Peu de temps après je rencontrai A. et nous sommes tombé follement amoureux l'un de l'autre.
Je ne voulais pas recommencer la même erreur aussi j'ai décidé de prendre sur moi et de faire taire ce côté de ma personnalité.
A. avait sur le sujet une totale aversion, ne connaissant pas les pratiques ni la démarche. Elle voyait dans des pratiques SM et une relation D/s une manifestation dépravée et perverse de la lie de l'humanité. Nous nous sommes mariés et avons eu des enfants.
Je conservai mes démons bien enfouis, devant parfois lutter pour qu'ils ne resurgissent pas à grands fracas... Mon parcours professionnel m'éloignant 6 mois par an de mon foyer m'y a aidé et c'est dans le travail que je suis allé puiser tout ce qui pouvait me distraire de mes pulsions.
Certains jours je pensais m'arracher les cheveux, je me mentais, je lui mentais.
Celui qu'elle avait épousé, qu'elle aimait, ce n'était pas moi. Enfin, pas tout à fait, pas entièrement.

Passant tous les deux le cap de la quarantaine, nous avons finit par nous rendre à l'évidence que nous nous ennuyons, le sexe à la papa devenait monotone et sans grand intérêt, juste "pour l'hygiène" pourrions nous dire.
J'ai donc proposé à A. d'essayer des expériences libertines, histoire de pimenter un peu notre vie. Nous avons entamé une période de libertinage, très progressivement, passant du côte-à-côtisme au mélangisme, révélant la bisexualité d'A. pour notre plus grand plaisir à tous les deux, trouvant un certains amusement et plaisir avec d'autres partenaires.
Mais... En fait, cela devint vite ennuyeux aussi. Ou plutôt, nous n'y avons pas trouvé notre compte car le milieu libertin aujourd'hui ne se soucie que bien peu des personnes et est, à nos yeux, dépourvu du moindre respect et de la moindre classe (le champagne et les tenues sexy dans certains cercles parisien n'y changeront rien !) Soit, nous nous retrouvions au lit ou sur un canapé en 5 minutes sans même connaître le prénom de nos partenaires, soit après 5 heures de discutions nous constations qu'il était trop tard pour faire quoi que ce soit et qu'il ne nous restait plus qu'à rentrer...
Par ailleurs aller en soirée pour "trouver à baiser" n'est pas ce que j'aime particulièrement. Mon côté romantique qui ressort en somme...

A. me demanda alors ce que nous pourrions faire... J'ai décidé de me lancer, de tout lui dire, peut être d'arrêter de me mentir en somme, au risque de perdre ma femme, ma vie...
Le risque était important à mes yeux et j'étais vraiment inquiet de sa réaction.
Je me souvins que dans nos ébats elle aimait toutefois recevoir une claque sur les fesses ou alors avoir les yeux bandés ou même être attachée. Cela m'a encouragé à lui parler.
Je lui dit que j'avais quelque chose à lui proposer mais que je lui demandai de ne pas me juger ni prendre de décision hâtive et qu'il serait peut être bien que nous nous asseyons...
Je lui ai expliqué ce côté de ma personnalité, ce que j'aimais, ce que je faisais...
Après une bonne demie-heure ou elle était restée presque silencieuse elle me dit qu'elle devait digérer tout cela, de lui laisser du temps...
L'avenir s'assombrissait... Du moins c'est ce que je pensais... Et je me trompais...
Elle me dit ensuite qu'elle ne comprenait pas pourquoi je ne lui en avait pas parlé avant. Elle m'en voulait pour cela... Nous étions au mois d'août 2013.
Elle me dit ensuite qu'elle voulait bien essayer des jeux, mais juste pour voir, pour pimenter un peu... Nous avons alors pratiqué des fessées, quelques situations de jeux de rôle D/s très soft.
A. est dans sa vie professionnelle très directive et une meneuse.
Elle m'avoua qu'elle avait adoré être dirigée...
Un mois s'est ainsi passé à jouer ainsi, durant lequel je lui ai exposé quelques tenants et aboutissants de ce qui avait été pour moi un mode de vie.
Elle me dit qu'elle pourrait accepter de jouer de temps en temps mais qu'elle ne pourrait pas en faire un mode de vie quotidienne... Là, c'est elle qui se trompait...

Le 11 septembre 2013, alors que je rentrai chez moi d'une réunion tardive, je trouvais la lumière de notre chambre allumée.
Lorsque je suis entré, j'ai trouvé A., nue, à genoux, la tête baissée.
Elle me dit alors : "Mon Amour, est ce que tu accepterais de devenir mon Maître ?"

Ce soir là, A. est devenue Ange me faisant renaître Maître...




Ange :

Je suis une femme de 42 ans.

Je suis, et le dit fièrement aujourd'hui, soumise !
Je ne suis pas une paillasse, une sous-humaine ou quoi que ce soit d'autre dans la vision de ceux qui ne connaissent pas ce que je vis.
Je suis... Ce que Mon Maître veut que je sois !
Sa femme, la mère de Ses enfants, Son amante, Sa salope, Sa chienne, Sa soumise, Son esclave, Sa conquise. Aujourd'hui, je suis tout cela, je suis juste : Sienne.

Le BDSM pour moi était un monde de dépravation et de débauche.
Je n'y connaissais rien et je ne peux pas dire qu'après un an de pratique j'ai la moindre légitimité pour en parler. J'ai juste la légitimité que me donne Mon Maître et ce lien qui nous unit.
A mes yeux ce lien est le plus puissant au monde.

J'ai donc découvert le BDSM il y a un an.
Mais... Ayant accepté de jouer au départ, pour faire plaisir à Mon Maître, pour voir ce que c'était, je me suis vite prise au jeu.
J'ai découvert rapidement que cela me plaisait, que j'aimais qu'IL me dirige, qu'IL me flagelle, qu'IL me malmène, qu'IL tire Son plaisir de moi, de ma jouissance comme de ma douleur.
Rapidement le "jeu" ne me suffisait plus.
Rapidement je suis devenue "en manque" si nous ne pratiquions plus durant une semaine...
C'est devenue une nécessité pour mon équilibre.

J'ai senti au début que Mon Maître se "retenait", qu'IL avait peut être du mal à voir en moi Sa soumise car j'étais aussi Sa femme.
Nous avons alors convenu de "rituels" et de comportements pour passer de l'un à l'autre.
Ce fut, je pense, un succès au regard de ce que j'arrive à LUI donner aujourd'hui.
Je n'ai pas connu d'autres Maîtres, je n'ai pas de comparaison possible et pour tout dire, je pense que je ne pourrais pas me soumettre à une autre personne (sauf si c'est la volonté de Mon Maître bien sûr) mais je sais qu'IL me guide, qu'IL me modèle et qu'IL met toute Sa force, tout Son savoir et tout Son art à cela.

Après 6 mois, Mon Maître me proposa de passer du jeu à la philosophie de vie, à une pratique quotidienne.
Aujourd'hui nous pratiquons au quotidien.
Nous avons encore une vie "vanille" car nos enfants, nos amis, notre vie professionnelle ne permettent pas que nous nous comportions avec des relations D/s en permanence.
Mais autant nous avons commencé comme un couple vanille pratiquant de temps en temps le D/s autant nous sommes aujourd'hui un couple D/s pratiquant le "vanille" pour donner le change à notre entourage...
C'est une chose amusante à bien y réfléchir...

J'ai été fière de renforcer mon engagement à Mon Maître en août 2014 lorsqu'IL m'honora en s'unissant à moi par la cérémonie des roses, affirmant qu'IL est et restera Mon Maître à jamais et que je suis et resterai Sienne à jamais.
Je ne sais jusqu'où notre vie ainsi nous mènera, je fais confiance à Mon Maître pour cela, pour nous mener le mieux possible tous les deux, mais je regarde l'avenir avec LUI, à Le servir, à L'aimer, à LUI donner du plaisir, en toute confiance et pleine de joie.
Je sais qu'IL agira toujours pour mon bien, pour mon amélioration, pour mon accomplissement, et je LUI offrirai ce dernier comme je LUI offre mon corps et mon âme, le don de moi-même, car IL est Mon Maître et je suis Sienne, à jamais !


1 commentaire:

  1. Sir John, Ange,
    Merci pour ce très bel article où vous êtes fidèle à vous même, un article très beau et très touchant encore une fois. Ce monde est fait de rencontres et d'évolution et moi j'ai fait une très belle rencontre : la vôtre.

    Vous êtes un couple très gentil que j'ai prit plaisir à connaitre et que j'ai hâte de revoir. Il est rare de voir deux personnes, qui d'autant plus vivent ensemble depuis si longtemps, être dans une telle osmose. Je trouve ça magnifique à voir.

    Je suivrai ce blog avec attention. Je Vous souhaite plein de bonheur pendant encore longtemps.

    Je Vous présentes mes amitiés et mes respects Sir John, Ange également et je t'embrasse.

    RépondreSupprimer